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09/03/2008Dossier skatepark 2/5
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 09/03/2008 Dossier skatepark 2/5

Un dossier sur les skatepark en France. Comment, où, avec qui, quels leviers... Cette semaine : le rôle du consultant vu par le consultant.
 
Christophe Mossu a créé une boite d'aide à la mise en œuvre de projets de skatepark de façon à faire le lien entre les skateurs, les asso, les entreprises, les collectivités... Skateboard Consulting existe depuis 2004, après que Christophe ait travaillé lui-même en asso et au club de Montpellier Skateboard. En collaborant avec la société Skatepark Service Conseil qui a réalisé plusieurs park dans le Sud (Marseillan, Clapiers, Tignes, Mauguio) et sur d'autres projets, il accumule l'expérience qui lui permet d'être totalement indépendant aujourd'hui et de proposer son expertise aux différents intervenants de la conception à la réalisation de skateparks. Son but est d'imaginer des aires de jeux différentes des standards habituels constatés dans les villes. Comme on peut le voir sur les plans, ça tend vers des plaza plutôt que vers des parks à la papa.



-Au début, il y a la volonté des skateurs d'avoir quelque chose à skater. Qui est le catalyseur de cette envie pour mettre le projet sur pieds ?
Souvent, ce sont les éducateurs territoriaux, les animateurs de quartiers, les responsables d'association sportives qui permettent à l'idée émise par des jeunes d'aboutir, d'atteindre le bureau des décideurs locaux, des responsables de services des sports et nos chers Elus... cela dans le cadre d'un projet à vocation communale, a l'inverse d'un projet privé...
Le catalyseur accompagne les jeunes dans leur démarche au profit de la collectivité...

-Vu que de nombreux skateurs dans des groupes différents d'une ville caressent l'idée d'un park, comment réussir à les canaliser ou les fédérer pour qu'un seul projet se réalise ?
Il y a pas mal de villes qui ont connu le problème des rivalités entre clubs par rapport à l'utilisation d'un skatepark et la réalisation d'un lieu de pratique...
Canaliser les forces sur un même projet est parfois difficile, selon que les actifs au sein des clubs soient disposés ou non à le faire...
De l'autre coté, les collectivités sont d'ailleurs parfois assez mal informées sur la réalité du développement d'une pratique (sport urbains) sur leur territoire et ne savent pas toujours a qui s'adresser pour orienter leur choix...

Parfois, un collectif pour le Skatepark local est créé, avec l'organisation de concertations, de réunion, le recoupement d'idées et de propositions en fonction des disciplines (Skate, Bmx, Roller) et tous le monde peut se satisfaire d'avoir participé au projet.... Ça, c'est dans le meilleur des cas... mais en général les responsables identifiés par la collectivité, en charge du projet ont du mal à impliquer d'autres acteurs et le résultat final est souvent décevant...

-Faut-il nécessairement se constituer en association ?
L'association reste à l'heure actuelle le meilleur statut (à mon sens) pour un groupe (au moins 3 personnes) qui souhaite s'impliquer dans le développement d'un territoire ou d'une commune...
Donc il me semble pertinent de constituer une association pour représenter une entité, ne serait-ce que pour valider l'ambition commune de faire bouger les choses... la constitution d'une association représente souvent le premier pas vers la réalisation d'un projet...

-Faut-il chercher un responsable suffisamment adulte et entrepreneur pour mener le projet à son terme ?
Selon la maturité à entreprendre du ou des représentants de l'association cela n'est pas toujours nécessaire, parfois l'association est crée par des skateurs adultes et responsables et peuvent mener leur projet seul et avec les différents interlocuteurs... (Mairie, consultant..)

Si le projet émerge de la volonté de plus jeunes, bien sûr ils devront trouver un accompagnateur, un médiateur au projet. (Parents, animateur de quartier, maire, riders plus âgé...)

Pour avoir suivi quelques projets de réalisation en tant que consultant, on est parfois surpris par la maturité des adolescents pour formaliser leur demande. J'ai notamment rencontré pas mal d'adolescents qui faisaient parti de conseil communal des jeunes par exemple...

-N'y a-t-il pas un pb de communication en général ? Ou du moins une différence de conception entre ce que veulent certains et ce que veulent d'autres skateurs ?
Cette question rejoint celle sur l'idée de nombreux skateurs qui caressent l'idée d'avoir un park...
Pour compléter ma réponse, il existe effectivement encore des rivalités, entre les pratiquants des différentes disciplines, les Skateurs qui ne veulent pas composer avec les Roller, les Bmxeurs qui n'aiment pas les Skateurs....

En général, dans les petites communes, les jeunes sont beaucoup plus soudés que dans les grandes communes ou ils se fréquentent moins, ne pratiquant pas sur les mêmes lieux...
Le problème est donc plus facile à résoudre dans les petites communes.

Dans les grandes communes c'est un peu la course à qui sera dans le bureau de l'Elu en premier pour faire valoir son projet plutôt qu'un autre... ce système de fonctionnement amène finalement aux rivalités dont ont parle et à des projet mal conçus ou ne tenant pas compte des autres interlocuteurs...

-Est-ce que les shops ont un rôle à jouer là-dedans ?
Les shops ! Alors la question des shops est assez particulière...
J'ai encore rencontré récemment un responsable de shop qui était président d'une association locale soit disant de skateurs... dans une ville où je savais qu'il y avait 2 associations, dont une à vocation sociale et non lucrative et l'autre tenu par un patron de shop... quand je lui ai demandé si il connaissait la 2eme association il m'a répondu que non... En fait, il a créé l'association parce qu'un park se construisait à côté de son shop et voulait faire style on représente le club local...

Il arrive que des shops soient positivement impliqué dans le développement de la scène locale, avec l'accompagnement des projets, le partenariat avec des clubs, l'organisation de manifestations sympas. Cette implication dans le développement, bien qu'à des fins commerciales (faut bien vivre), est bien vécue par les skateurs quand on sent que les responsables sont présents pour les riders locaux, (sponsoring) ou simplement à la session du vendredi soir....

Les shops tenu par des skateurs (ou des bons gars) ont souvent la popularité qu'ils méritent, ce qu'on appelel des vrais skateshops, et ceux-là s'impliquent par passion et par ambition dans les projets...

-Au stade de la conception du park, il va falloir définir les grandes lignes, tomber d'accord. Faudra t'il ensuite un architecte pour réaliser les plans?
Une fois que les plans ou esquisse sont réalisés, on est encore très loin du projet final...
Quelques soit la qualité des plans initiaux, il faudra réaliser des plans exploitables par les entreprises qui réaliserons le Skatepark, en béton ou en modules ...

Il faudra étudier l'implantation sur le site, la spécificité des sols, le type de matériaux à utiliser...
A partir d'un certain stade de l'évolution du projet un architecte ou un bureaux d'étude sont non seulement indispensable mais surtout obligatoire sur des aspects légaux.

Parfois les mairies font ce travail en interne, au sein de leur propre bureau d'étude mais le plus souvent ils font appel à des intervenants extérieurs.

Le projet à Agde (en cours)
 
-Est-ce qu'il vaut mieux se fier à un architecte généraliste ou à des skateurs, certes, mais sans expérience des cotes et du dessin industriel ?
Les Skateurs proposent des choses, l'architecte ou le concepteur matérialise leur demande et canalise leurs ambitions... L'un ne va pas sans l'autre mais quoiqu'il en soit, si la mairie doit faire un choix pour décider de la finalité du projet, elle s'appuiera sur des compétences d'un professionnel plutôt que sur des « Fantasmes » de Skateurs... je dis Fantasmes parce que tout cela est très rapidement rapporté à un budget pour l'opération et limite souvent les délires de « Skate plazza ou de Woodward » en une simple dalle avec 3 modules....

-De la même façon, ne vaut-il pas mieux appeler Team Pain ou Iou Ramps quand on veut l'assurance d'avoir un park bien fait ? Vu qu'ils sont a peu près les seuls à jouir d'une bonne réputation...
Je ne crois pas que Team Pain ou Iou ramps soient les seuls à jouir d'une bonne réputation, bien que ce qu'ils font déchire en général, il y a une quantité de constructeurs qui sont bons dans ce qu'ils font...

Les constructeurs interviennent dans une phase spécifiques du projet, au moment je dirait où l'idée générale et déjà mise sur papier au sein d'un projet bien structuré pour lancer un appel d'offre, si le projet est bon, le constructeur s'adapte et réalise les plans qu'on lui a présentés..
Le rôle des constructeurs se limite le plus souvent à la présentation d'un budget pour réaliser et vendre leur matos...

Un bon constructeur donne son avis sur les plans, voir les modifie pour une meilleure pertinence, c'est la que Iou ramps et Team Pain sont forts. La plupart des constructeurs ne se posent même pas la question de savoir si tel ou tel modules sera skatable, ils vendent des modules comme ils pourraient vendre des cages de foot...

-Tiens, au fait, je constate que tu as pas mal collaboré avec SSC. En quoi vos structures sont complémentaires ou concurrentes ? C'est juste de l'entraide ?
La société Skatepark Service Conseil a été montée en parallèle à Skateboard Consulting, et son gérant, Marc Sabadie est un ami... Donc en considérant le marché du conseil et de l'ingénierie de projets, notamment dans notre région, l'idée d'être concurrent semblait moins intéressante que celle de collaborer ensemble...

Nos compétences sont complémentaires, Marc s'occupe plus de l'aspect commercial, prospection des marchés et suivi de dossier technique.. Pour ma part je travail plus sur le design et la conception des skatepark et des espaces alentours.. J'interviens notamment sur le diagnostique initial et la pertinence du projets en collaboration avec les associations et les acteurs locaux, une des étapes des projets que j'apprécie le plus d'ailleurs... Après je travail sur le suivi de chantier et la réalisation des infrastructures.
Nous sommes également accompagner d'un architecte DPLG associé à tous nos projets, Frédéric St Cricq. Il apporte sa vision d'architecte et ses compétences techniques dont on ne peux pas se passer pour de tels projets...

A nous trois, on peut couvrir toute la « maître d'œuvre » d'un projet, donc nous somme complémentaire...
Si d'autres société veulent utiliser mes compétences, je suis ouvert à toutes propositions, dans le respect du travail que j'ai effectué jusqu'à maintenant avec SSC...

-En général, tous ceux qui fabriquent des parks, et même les skateurs tirent dans les pattes des concurrents, avec 2 arguments : les parks sont mal faits et les constructeurs s'en mettent plein les fouilles. Qu'est-ce qu'il y a de vrai là-dedans ?
Cela rejoint ce que je disais dans l'avant dernière question avant celle-ci.... Effectivement, certains constructeurs s'en mettent plein les fouilles et n'ont aucun remords à vendre des modules avec des côtes complètement insensées ou des dispositions hallucinantes...

A long terme, les mauvais constructeurs qui posent des parks qui se dégradent et ne sont pas utiliser se grillent sur le marché.
Aujourd'hui, les mairies commencent à comprendre que les skateparks ne sont pas des terrains multisports ou des stade de foot et que chaque lieu doit être spécifique à la demande locale...

-Ce nouveau métier de consultant, à quoi sert-il ?
Le métier de consultant sert à accompagner les projets pour essayer de réaliser un projet le plus optimal possible par rapport à de multiples contraintes (budget, souhaits des locaux, lieux d'implantation...) et à mettre en synergie les bons acteurs. Un genre de manager de projet.

-A quelles étapes du projet le consultant intervient-il ?
Alors ça dépend. Dans le meilleur des cas, et si l'on jouit d'une bonne force commerciale ou d'un bon réseau, le consultant intervient dés que l'idée est officialisée.

En général, sur la plupart de projets les collectivités ne sollicite pas de consultant par ce que soit elle pensent pouvoir gérer le projet seule, soit elles sont conseillée par des constructeurs, soit elle ouvre un catalogue comme à la redoute et choisissent des modules.

Heureusement, de plus en plus le métier de consultant prend de la valeur. C'est sûr, après des années de sacs de pognon balancés par la fenêtre, faut bien redresser la barre.

Si le consultant est compétent il intervient tout au long du projet, comme ont dit, de l'idée à la livraison, et sur des étapes du projet telles que le diagnostique, le design, la conception, le suivi de chantier.

-Est-ce que c'est la mairie qui met toujours la main à la poche ou est-ce qu'on peut viser directement le conseil général ou régional ?
Oula ! Alors là il faut comprendre un peu mieux les rouages financier des collectivités territoriales et les différents niveaux de financement, de compétences des collectivités et de fonctionnement par type de projets !

Les collectivités territoriales (mairie, agglomération de communes, communauté de commune..) disposent de budget alloués pour tels ou tels domaines.

Les collectivités ont des compétences différentes selon leur taille, par exemple, une Mairie gère la cantine des écoles, tandis qu'une agglomération gère la construction de lycées et de collèges. Pour le sports c'est pareil donc en fonction de l'ampleur du projet, projet de proximité, projet à vocation intercommunale etc... le montage financier est différent.

Question qui demande d'être approfondie mais pour résumer, en général, une mairie monte son projet de façon à obtenir des aides de l'agglo, du département, de la région.

-Y a-t-il des constantes dans ce que recherchent les mairies ?
La plus grosse constante, c'est de faire un park pour arrêter d'être emmerdé par des jeunes qui font du bruit et détériorent les bans de la place du marché.
Heureusement, ces constantes évoluent et aujourd'hui les mairies trouvent qu'en fait c'est bien ces jeunes qui font des sports urbains, que ça serait bien qu'on les écoute un peu plus.

Non, plus sérieusement, les collectivités s'investissent dans la qualité de vie de leurs habitants et cherchent à répondre aux besoins de chacun dans de nombreux domaines, ce qui est assez complexe.

-Que faut-il comme arguments pour convaincre les pouvoirs publics locaux du bien-fondé d'un park ?
Les pouvoirs publics sont déjà convaincus du bien fondé de la réalisation d'un Skatepark, l'histoire et que de nombreux projets sont dans les tuyaux et qu'il ne peuvent pas toujours répondre à toute les demandes... Tout est une question de temps et d'argent.

En tout cas y'a un paquet de Skatepark, plus ou moins bien qui ont été construits ces dernières années... y'a du boulot pour le Skater's guide.

-De quoi dépend la construction du park ?
Pfoouu !! Large question... trop large question !
De la qualité du Consultant qui monte le projet...

-Est-ce que échouer dans une ville condamne à tenter dans la ville juste à coté ?
Echouer dans une ville et tenter dans la ville d'à côté ? Ça dépend si à côté y'a déjà du monde sur la corde à linge !!

C'est difficile de répondre à cette question, en plus quand tu habites une ville t'as pas forcément envie d'aller faire un park dans la ville d'à côté ?? non ?? Ou alors t'es consultant ou commercial pour un constructeur.
Les premières esquisses pour Roanne
 
-Quel service doit-on contacter à la mairie, pour faire monter le projet ?
Le Service des sports, il faut demander un RDV avec le directeur du service des sports puis rencontré l'Elu aux sports... les deux à la fois ça marche aussi...

Mais avant ça il faut formuler une demande claire, pourquoi pas en relation avec les Educateurs sportifs ou animateurs du service... Il y a aussi le service jeunesse, le conseil communal des jeunes qui fait remonter les informations...

-Qui décidera en dernier ressort ?
Les décisions relative à la réalisation d'une structure sportive ou de tout autre projets au sein d'une commune est prise suite à un parcours sinueux du dossier à travers les méandres politiques et décisionnels d'une mairie.

Pour un projet tels qu'un skatepark, une fois que le projet est monté, soutenu et valorisé, que les Elus aux sports sont convaincus et prêt à défendre le projet en conseil municipal, le dossier est porté le plus souvent par le directeur du service des sports et/ou ses adjoints.

Selon la période, les projets en cours et le budget de la collectivité et quelques autres facteurs que la décision sera prise.

Par exemple, avec les élections municipales de mars 2008, l'année 2007 était une bonne année pour présenter des projets, en général l'année post-élective est une période favorable à l'acceptation de projet.

Pour ceux qui ont raté le coche, il reste toujours l'espoir que le nouveau maire veuille faire valoir son arrivée au pouvoir en créant plein de trucs sympas pour les jeunes.

-Peut-on jouer de leviers politiques pour influer sur une décision ?
Ouhaou, quelle question !! Les leviers politiques, les dessous de table, les accolades lors de buffet organisés par le Maire, les petits cadeaux et plein d'autres petites gâteries sont les bienvenus pour s'assurer d'obtenir ce que l'on veux.. Je crois que c'est l'essence même de la politique... No comment

-Ça peut être pas mal de sortir avec la fille du maire, non ? Et le fils ?
Bin alors là on touche carrément à la famille et se taper la fille du maire, si l'on fait ça bien ça peut mener très haut dans les sphères du pouvoir... Pour défendre le dossier de ses potes Skateurs c'est pas mal.

Ce qui peut être bien aussi c'est d'être le cousin de l'attaché de cabinet du Maire ou le petit fils du responsable des services techniques... je m'arrêterai là.

-Vaut-il mieux jouer la carte de la structure semi privée avec exploitation et rentabilité du park ou vaut-il mieux la jouer « service public » avec park extérieur gratuit ?
Question assez lourde pour y répondre en quelques lignes...
Les responsables de parks privés savent qu'il n'est pas simple de faire vivre une structure et la plupart du temps le park abrite aussi une association pour disposer de subvention annuelle.
Le park privé demande un investissement plus important au départ de la part des propriétaires....

Les charges inhérentes à la gestion d'un park sont importantes mais si la structure est de qualité, les gars cool et les activités bien organisés normalement ça tourne... cela dit mieux vaut être en bon terme avec la collectivité...le meilleur exemple pour moi c'est le COSA NOSTRA (salut les Bros..) qui mixe un peu les deux, un local appartenant à la mairie mais mis à disposition du club...

Les park type « service-public » sont en général beaucoup moins bien entretenu que les parks privés, les collectivités ne se rendent pas trop compte du risque qu'elles courts... Après on voit un peu de tout et n'importe quoi dans ce domaine donc question complexe...

-Comment concilier un park bmx, roller et skate ?
Déjà monter le projet avec des représentant de chaque discipline.
Puis connaître les différences qui existent entre les pratiques pour proposer des modules qui répondent aux attentes de chacunes. Ce n'est pas toujours évident mais jouable.

-Est-ce une bonne chose d'accepter une partie des investissements s'ils sont privés ?
Par exemple Etnies avait proposé de payer une petite partie du futur skatepark parisien (l'arlésienne !) contre de la publicité sur le site. Et certains élus étaient contre.

Bien joué les élus... malgré tout le respect que je voue à PAS (Pierre-André Senizergue, patron de Sole Tech. En l'occurence la proposition venait plutôt du distributeur, ndlr) pour son histoire, la qualité de sa marque et son investissement pour une production écologique, se « maquer » avec une marque dans l'investissement public peut amener des bonnes embrouilles à long terme...

Mieux vaut, à mon avis, trouver des investisseurs publics, ce qui n'a pas du poser trop de problème à la ville de Paris, et proposer après des contrats de partenariat, même exclusif, sur des périodes déterminée... puis Etnies avait là un bon coup à jouer, quelques dollars enfin, je m'exprime à la hauteur du capital de la société Sole tech, et une promotion internationale facile... les élus parisiens ont vu venir le business...



Il skate aussi. Photo: Manu Sanz
 
-Pourquoi ne pas faire un park entièrement privé, d'ailleurs ?
J'en rêve ? Tu m'avances le cash, j'ai plein de supers idées pour le faire fonctionner.

-Quels sont les prix pour la construction d'un park ?
Il faut compter entre 20 et 30000 euro pour faire une dalle de 600 m2 en béton lisse, un module du type quarteur (ou lanceur comme l'appel les constructeurs) coûte environ 2500 à 4000 euros.. Si on veut 4 modules sur une dalles de 600 m2 = environ 25000 + 15000 = 40 000 euros pour un park de base... puis après ça monte très vite, avec tous les intervenants qu'il y a autour du projet.

En gros, pour avoir un park de base qui va bien, comptez 70 000 à 100 000 euros.

-Faut-il accepter ou refuser que la mairie choisisse l'entreprise de BTP qui va réaliser le park ?
Alors la on touche à ce qu'on appelle le code des marchés public.
Une mairie doit faire un appel d'offre, après que le dossier ait été monté par un bureau d'étude, un consultant, un architecte, ou les 3 selon le projet.

Un appel d'offre est lancé pour la construction d'un Skatepark ou de n'importe quel travaux de collectivités : grillager une court d'école, construire un abri bus, poser des barrière de ville... il faut qu'au moins 3 entreprises réponde à l'appel d'offre pour que celui –ci soit valide.

Après la Mairie procède à ce qu'on appel l'ouverture des plis, c'est-à-dire des dossiers de candidature par entreprises, le conseil municipal ou les services concernés étudie les offre et choisissent l'entreprise en fonction de différents facteurs... notamment le budget et les références de l'entreprise.

Et la aussi, bien connaître la fille du Maire est un avantage... pour plus d'information vous pouvez aller vous renseigner en consultant le CODE des MARCHES PUBLIC.

-A partir du moment où le projet est voté, combien de temps ça prend pour fabriquer le park, s'il est en béton, disons ?
Question complexe, beaucoup de facteurs rentrent en ligne de compte pour la durée de réalisation d'un park. Par exemple, le street park d'Annecy devait être fini depuis 1 an, un vice de procédure dans le marché a ralenti considérablement le projet.

Donc disons pour un projet sain, de l'idée à la réalisation, allez, 1 an et demi minimum.

-D'ailleurs, vaut-il mieux militer pour un park en béton ou pour un park en bois ?
Le bois et le béton sont des matériaux qui permettent beaucoup de choses au niveau des formes et offre une très bonne surface de roulement.

Il y a beaucoup de matériaux nouveaux et performants à l'heure actuelle, autre que le béton et le bois qui méritent aussi d'être utilisés.

Tout dépend du projet, des moyens, de l'utilisation prévue (types de pratiques), du lieu d'implantation.

Le choix des matériaux est un des éléments clé de la bonne réalisation d'un park et doit être envisagé assez tôt dans le projet, en fonction de nombreux facteurs comme ceux cités ci-dessous par exemple.

-Est-ce qu'on arrive dans une ère où les skateurs vont forcément être évincés des projets au profit des bureaucrates, ou du moins d'acteurs généralistes ?
Est ce que l'on arrive dans une aire ou les skateurs sont évincés des projets au profit des constructeurs ?
Eh bien, au contraire, on arrive dans une aire ou les skateurs sont de plus en plus impliqués dans les projets locaux, et je dirai même plus, on arrive dans une aire ou les skateurs sont des bureaucrates...

Avec le vieillissement de la population de skateurs, ceux-ci s'investissent de plus en plus dans les métiers liés à leur passion et deviennent de réels acteurs de son développement.

Mais il est vrai que souvent le cas, lorsqu'un projet se monte, les responsables de services sportifs se tournent vers des constructeurs, des entreprises privés pour raccourcir le temps de réalisation ou le montage du projet, et les skateurs sont effectivement évincés.

C'est le modèle park construit avec des modules sur catalogue qui ne sera utilisé que par les gitans en YZ 250...

Fallait pas les évincer...

-Qu'est-ce qui a changé dans ce domaine entre les années 90 et aujourd'hui ?
Pas grand-chose je crois, si ce n'est que la pratique et les matériaux ont évolué...
Les types d'infrastructures restent sensiblement les mêmes, je ne parle pas des années 60 hein !! Depuis 90 !!

-Est-ce que construire un park tue « l'essence du skate » (qui consisterait à skater dans la rue) dans une ville ?
Alors pour ça, y'a un gars qui s'appel Rob Dyrdeck qui à fait un super dossier à télécharger sur le site de DC, rubrique Skate plazza, il explique tout bien comme il faut pour comprendre pourquoi les skateurs n'aiment pas les « Skatepark » et pourquoi il faut faire des « Street plazza »...

L'essence du skate reste une valeur propre à ceux qui le pratiquent, que ce soit en park ou en street... La question serait plutôt de savoir si les kids d'aujourd'hui serait prêts à faire 20 bornes en ride pour aller skater une mega pourrie de 3 mètres de large dans un champs. Ce qui à l'époque était pour nous l'essence du skate... Je ne crois pas.

-Y a-t-il des exemples de parks réussis en France ? Et de ratés ?
Des parks réussis ? Il en existent quelques uns, mais les richesses de notre jeu préféré font que quand l'un trouvera le park réussi, l'autre le trouvera pourri... Donc pour moi, par exemple, j'aime bien les bassins de la tour Eiffel.

Des parks ratés ? Il en existe un méchant paquet de parks ratés, tous les parks dont les constructeurs, les fournisseurs ou les Mairies reconnaissent leurs erreurs grâce aux différentes questions de ce document.

-Comparativement à d'autres pays, est-ce qu'on peut s'estimer heureux ou est-ce qu'il faudrait qu'on se bouge la graisse ?
Pour ce qui est des park ou des futurs lieux de pratiques, on peut s'estimer heureux. Et puis par chez nous, on s'en fout, on a Barcelone à 300 kilomètres de la maison.

On se bouge déjà pas mal la graisse depuis des années pour faire comprendre aux communes que pour faire un park, il y a un process à suivre pour éviter de poser 3 modules sur une pauvre dalle en béton au milieu de nulle part. Je pense que notre travail commence à porter ses fruits et que de vrai skateparks commence à émerger dans nos villes.

 

Liens associés : http://WWW.SKATEBOARDCONSULTING.COM




Document sans nom
 
 



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