|
| Agoride > Skate > Focus
|
| 19/04/2008
Dossier skatepark en France (3/5)
|
Le cas du park totalement couvert, public dans sa construction, privé dans sa gestion. Port du casque obligatoire à la zone du Casque. |
L'exemple est celui du Toit, jeune park en banlieue de Toulouse. Né il y a un peu plus d'un an sous l'impulsion de l'asso Skateboard et Dépendance, dans un espace relativement réduit. L'asso y dispense des cours, organise des contests et permet à quelques skateurs de s'y réfugier quand il pleut. Contrairement aux parks en plein air, les parks couvert sont souvent gérés par des asso et ont donc vocation à la rentabilité. Ils sont généralement moins vus comme des espaces publics que les sites ouverts. Ne serait-ce qu'à cause des horaires d'ouverture, déjà. Et de l'entrée payante, évidemment.
-Au début, il y a la volonté des skateurs d'avoir quelque chose à skater. Qui est le catalyseur de cette envie pour mettre le projet sur pieds ? Chez nous, le catalyseur de la création du ToiT est Olivier Leduc, qui a monté l'association en 2004, comme support pour le passage de son Brevet d'Etat Skateboard, qu'il a eu en 2005. Des cours de skate ont dés lors été proposés sur les communes qui en ont eu la volonté (Ramonville, Tournefeuille, St Lys et Cugnaux). Rapidement et vu l'engouement des enfants et des parents pour les cours, il est apparu essentiel de créer un lieu couvert pour éviter les nombreuses annulations à cause des intempéries ou du froid.
-Vu que de nombreux skateurs dans des groupes différents d'une ville caressent l'idée d'un park, comment réussir à les canaliser ou les fédérer pour qu'un seul projet se réalise ? Susciter les vocations... Tel est l'enjeu pour fonder un projet commun pour un besoin collectif. Si quelques bénévoles investis arrivent à se créer son métier directement grâce au skatepark (moniteur, accompagnateur...) ou indirectement (webmaster, infographiste, photographe, constructeur de modules...), le pari d'un groupe solidaire et motivé continuera de faire progresser un projet aussi énorme.
-Faut-il se constituer en association ? Si l'on veut être entendu des pouvoirs publics et ainsi toucher des subventions, ou tout simplement pour assurer son activité, ou pour tout autre raison administrative (emprunt, location d'un local...), il est nécessaire de se monter en association de loi 1901.
-Faut-il chercher un responsable suffisamment adulte et entrepreneur pour mener le projet à son terme ? Non, dans l'absolu. Une personne suffisamment motivée peut tout à fait remplir ce rôle. L'avantage de l'association est de pouvoir sensibiliser les parents des adhérents et ainsi de trouver des interlocuteurs plus âgés afin de rencontrer les élus et avoir un minimum de « poids politique »
|
|
| |
-N'y a-t-il pas un problème de communication en général ? Ou du moins une différence de conception entre ce que veulent certains et ce que veulent d'autres skateurs ? Si le projet est pensé à plusieurs, il y a effectivement des concessions à effectuer. Nous ne pouvons pas réaliser toutes les envies de chacun. La décision doit être prise en collaboration, est ainsi tout le monde y trouve une partie de soi afin de faire un park qui reflète le plus possible ce que chacun peut y attendre.
-Est-ce que les shops ont un rôle à jouer là-dedans ? Toujours ! le shop est un des meilleurs relais de communication de notre activité ! Il touche le cœur de cible...
-Au stade de la conception du park, il va falloir définir les grandes lignes, tomber d'accord. Faudra t'il ensuite un architecte pour réaliser les plans? Pour ce qui est de la construction du skatepark en lui même, vous n'êtes pas obligé de faire appel à un architecte, mais il faut tout de même s'assurer d'être en conformité avec les normes de construction en vigueur.
Si vous changez le type de votre bâtiment pour qu'il soit cadastré « ERP » c'est à dire, Etablissement pouvant recevoir du public, il vous faut vous plier à certaines normes de sécurité et d'accueil du public. Pour cela, il vous faut un permis de construire avec les plans du bâtiment, qui soit rempli par un architecte.
-Est-ce qu'il vaut mieux se fier à un architecte généraliste ou à des skateurs sans expérience des cotes et du dessin industriel ? Ni l'un, ni l'autre !!! Il faut prendre contact avec quelqu'un d'assez expérimenté pour connaître les cotes à respecter !! Un skatepark ne s'improvise pas sur le papier, sans certaines contraintes.
-De la même façon, ne vaut-il pas mieux appeler Team Payne ou Iou Ramps quand on veut l'assurance d'avoir un park bien fait ? Vu qu'ils sont peu nombreux sur la place à jouir d'une bonne réputation... Si on en a les moyens, il est bon d'avoir du « sur mesure » et du bien fait. Il existe en France des boites qui s'en sortent aussi très bien !! Je pense notamment à Skate Conseil Conception (à l'origine du ToiT), The Edge...
|
|
| |
|
|
|
| |
-En général, tous ceux qui fabriquent des parks, et même les skateurs tirent dans les pattes des concurrents, avec 2 arguments : les parks sont mal faits et les constructeurs s'en mettent plein les fouilles. Qu'est-ce qu'il y a de vrai là-dedans ? Mmmmh... J'aurais tendance à dire que tout ça est malheureusement vrai ... 2 exemples, le premier rencontrés lors de ma visite dans certaines mairies équipées de modules qui ne seront jamais utilisés à cause de leur manque de bon sens tant sur la conception que sur l'aménagement . Réponse de l'élu à l'origine de la commande : « Le commercial m'a certifié faire du skateboard depuis 15 ans, et m'a conseillé ce type de piste » Une réponse qui en dit long sur la politique des fabricants !!! le chiffre avant la qualité ! aucune concertation avec les skateurs !! Heureusement, il y a tout de même des fabricants honnêtes...C'est bien souvent les très petites entreprises...
La deuxième concerne la réalisation du skatepark de Tournefeuille, où pour la première fois, j'étais invité à toutes les réunions avec la mairie et les fabricants. Même si je n'ai pas eu de poids sur la décision politique d'attribuer le marché à untel plutôt qu'un autre, nous avons toutefois choisi les modules qui seraient posés en concertation avec les pratiquants et élèves des cours.
Et au résultat, les modules comportent des défauts d'utilisation énormes ! Du genre, pas de coping sur un quarter, un revêtement désagréable et glissant... Le fond y est, mais la forme manque de personnalité « skate », les constructeurs ne concertent pas les skateurs pour les petits détails trop souvent important sur les modules !!.
-Ce nouveau métier de consultant, à quoi sert-il ? Justement, ce métier propose un lien entre les différents acteurs de réalisation d'un skatepark. A savoir, le financeur, le pratiquant et le constructeur.
En règle générales, les réalisations faites par des consultants reflètent assez bien les volontés de chacun, mais surtout elle représente un gage de qualité pour des skateparks bien souvent imposants.
-A quelles étapes du projet le consultant intervient-il ? L'intérêt est qu'il puisse intervenir à toutes les étapes de la réalisation.
-Est-ce que c'est la mairie qui met toujours la main à la poche ou est-ce qu'on peut viser directement le conseil général ou régional ? il faut bien différencier 2 types de projets : 1) le projet associatif : il regroupe des passionnés dans une commune plus ou moins petite et arrive à vivre tant bien que mal avec le peu de subvention ou d'aide directe par sa mairie. 2) le projet commandé par une mairie, un conseil général, une communauté de communes ou autre ... Qui représente souvent des sommes importantes et un projet ambitieux, dans ce cas il y a une procédure d'appel d'offre et le choix du technicien (consultant, fabricant ou autre) est fait par le demandeur.
|
|
| |
-Y a-t-il des constantes dans ce que recherchent les mairies ? A des rares exceptions prés (Marseille, Lyon, Nantes, Lille), elle répondent à la demande pour se « débarrasser » des skaters qui cassent le marbre de la mairie... C'est bien évidemment une malheureuse constation.
-Que faut-il comme arguments pour convaincre les pouvoirs publics locaux du bien-fondé d'un park ? Pédagogie !!!! Et notoriété de la commune (déplacements, contest...)
-De quoi dépend la construction du park ? Motivation
-Est-ce que échouer dans une ville condamne à tenter dans la ville juste à coté ? Il ne faut jamais s'avouer vaincu !!!
-Quel service doit-on contacter à la mairie, pour faire monter le projet ? Cela dépend de la taille de la ville, une grande ville est dotée d'un responsable des sports qui fera parvenir le dossier et qui représente le premier interlocuteur. Ensuite, et dans les villes de moindre importance, il vaut mieux aller rencontrer l'élu ou le maire.
-Qui décidera en dernier ressort ? Tout dépend de la situation du terrain construit !!! Il arrive souvent ces derniers temps que des parks soient construit par des communautés de communes, dans ce cas c'est le président de cette communauté, sinon, Mr le Maire pour un skatepark municipal sur sa commune, le président du club pour un skatepark associatif...
-Peut-on jouer de leviers politiques pour influer sur une décision ? « Malheureusement » oui, je dis « malheureusement » parce que chaque citoyen devrait être entendu avec la même attention par ses élus, mais on est en France ...
-Ça peut être pas mal de sortir avec la fille du maire, non ? Et le fils ? Si elle est bonne !!! (pardon, humour déplacé)
-Vaut-il mieux jouer la carte de la structure semi-privée avec exploitation et rentabilité du park ou vaut-il mieux la jouer « service public » avec park extérieur gratuit ? LES 2 !!!!!! Avec l'expérience du ToiT, on a remarqué qu'il y avait 3 populations de skaters complètement différentes : 1- Les ‘mobiles' qui sont en général âgés de plus de 14 ans, qui se déplacent avec leurs potes sur les spots (couverts ou non, public ou non) 2 – La ‘relève', qui sont bien souvent jeunes, (8 – 14 ans), et qui pratiquent essentiellement sur des parks semi-privés, ou au travers des cours de skate, ou en pratiquant libre. Les parents sont plus rassurés de les savoir dans un endroit surveillé et encadré. 3 - Les 'vieux râleurs' qui rêvent d'un park qui leur ressemble et qui ne pratiquent que sur des skateparks gratos, et / ou en ville.
J'insiste par contre sur ta remarque de SEMI-PRIVE, cela veut dire que la mairie est impliqué, et donc que le projet peut-être déficitaire (subventions). Si une asso gère tous seul, sans sub, c'est la chute !!!! Un skatepark est très peu rentable du point de vue économique.
-Comment concilier un park bmx, roller et skate ? L'idéal est comme à Nantes, ou Lille : 2 street-parks ainsi que des créneaux différents.
|
|
| |
-Est-ce une bonne chose d'accepter une partie des investissements s'ils sont privés ? Par exemple Etnies avait proposé de payer une petite partie du futur skatepark parisien contre de la publicité sur le site. Et certains élus étaient contre. Ca dépend de chaque politique... la gauche sera contre et la droite non.... Les skaters viendront skater si le park est bon, il viennes pas pour les pubs ... Par contre, c'est bien de différencier les rôles de chacun afin de mieux faire évoluer notre sport. Ex : investissement lourd de la part des institutions et des actions ciblés pour les marques (contests, happenings ...).
-Pourquoi ne pas faire un park entièrement privé, d'ailleurs ? Pourquoi pas, mais privé pour qui ? Comme au states ? Je ne pense pas que nous soyons prêt à ça en France ou en Europe.
-Quels sont les prix pour la construction d'un park ? le ToiT = environ 25 000 € et beaucoup, beaucoup d'huile de coude
-Faut-il accepter ou refuser que la mairie choisisse l'entreprise de BTP qui va réaliser le park ? Ça n'est pas notre décision, mais par contre le suivi peut être fait par l'assoce locale ou les skaters dans le but de vérifier qu'ils ne fassent pas de conneries ! (Ex : JP Collinet à Marseille)
-A partir du moment où le projet est voté, combien de temps ça prend pour fabriquer le park, s'il est en béton, disons ? Apres le vote, il y a l'appel d'offre (3 mois), puis le choix du fabriquant, et enfin la construction. Selon le park, ça peut varier de 8 mois à 2 ans.
-D'ailleurs, vaut-il mieux militer pour un park en béton ou pour un park en bois ? les 2 !!! (ça rejoint l'idée des park publics / privés)
-Est-ce qu'on arrive dans une ère où les skateurs vont forcément être évincés des projets au profit des bureaucrates, ou du moins d'acteurs généralistes ? Au contraire, avec toutes les merdes qui ont été faites à une époque où il y avait très peu d'interlocuteurs sérieux de notre discipline, les années à venir devraient nous réserver de bons parks, notamment grâce aux consultants.
|
|
| |
-Est-ce que construire un park tue « l'essence du skate » (qui consisterait à skater dans la rue) dans une ville ? Non. En tant que pédagogue, je conseille aux skater d'être polyvalent. En tant que skateur, je prends autant de plaisir a skater une rampe, qu'un bowl , qu'une aire de street ou un spot de street. Par contre, tous les jeunes de moins de 14 ans qui commencent ont rarement l'autorisation parentale de skater la rue, et les cours leurs servent à avoir une bonne maitrise de leur planche pour pouvoir skater la rue plus tard. Sans représenter de dangers ni pour eux, ni pour les autres. Donc une image plus positive du skate pour les passants.
-Y a-t-il des exemples de parks réussis en France ? Et de ratés ? Réussi : Marseille, Nantes, LeToiT, Lille, les nouveaux bowls du nord... Ratés et / ou honteux : Pech David (Toulouse), Aubagne (Marseille) et tellement de petits skateparks comprenant 2 voir 3 modules « types » qui sont utilisé, 1 a 2 semaines par les skaters, et à des fins politique par les élus.
-Comparativement à d'autres pays, est-ce qu'on peut s'estimer heureux ou est-ce qu'il faudrait qu'on se bouge la graisse ? Si on veut ressembler aux states et à leur politique sportive, alors oui on pourrait regretter de ne pas être à leur « hauteur » en termes de nombre de skateparks. Sinon, contentons-nous de ce que l'on a, je ne pense pas que nous soyons les plus a plaindre.
Sujet et photo (sauf chantier) : pif Dans le rôle de l'interviewé : Olivier Leduc.
|
| |
|

|
Les 3 derniers commentaires
|
 |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
 |

|
 |
 |
|
Skate - 30.04.2008
Nomad Vodka Tour
Jose De La Rosa, Luy Pa Sin, Honza Minol, Raul Navarro et Julio Arnau ont ... |
|
Skate - 24.04.2008
Jeremy Hughes
De la mini, de la transition, de la courbe du dimanche matin. Ils ne vont donc ... |
|
Skate - 17.04.2008
Fond d'écran
Une apparition de Bastien Marlin en wallie wheeling. C'est printemps, c'est ... |
|
Skate - 14.04.2008
Slaughter at the Opera
Le contest Thrasher/Globe filmé au millimètre par Greg Poissonnier. Greg Lutzka ... |
|
Skate - 10.04.2008
Skate Pistols
La première vidéo du shop de Sam Partaix, saucissonnée en 12 parts. Avec les ... |
|

|
| |
| Ajouter agoride.com à votre accueil personnalisé : |
| |
|
 |
 |
 |
 |
 |
 |
|
|
|
|
|
 |
|
|
|
|