-Quel est le concept de ce nouveau magazine? Sébastien Charlot : Maelström, comme son nom l'indique (tourbillon en scandinave, le mot est aussi dans le dico français...) a pour but de mélanger/mixer les musiques, mais aussi les cultures, nos coups de cœurs, mettre en avant des gens et procurer des émotions, attiser la curiosité... Amener un peu d'audace et d'ambition dans la presse papier qui est moribonde. On a eu de très bons retours sur le premier numéro, on n'était pas sûr que Phoenix et Seth Gueko pouvaient côtoyer Fever Ray et Love Eneroth... Même si le projet a été réfléchi en amont, la cohérence n'est pas un souci aux yeux du public, on a entendu plusieurs fois "ça ne m'intéressait pas mais à un moment j'ai souhaité le lire..." ou alors "je n'écouterai jamais leur musique, mais ils ont un propos/une vision de vie qui est pertinent..." On souhaite que le magazine soit un objet que l'on garde, intemporel... On a aussi fait un site Internet (www.maelstrommagazine.com) qui va permettre de traiter l'actualité, mais aussi le multimédia... d'être en adéquation avec le papier... On a mis en ligne des interviews qui date, que l'on a pu faire pour SuGaR entre autre, qui vont permettre de définir notre univers, de faire office d'archives, pour avoir un suivi de certains artistes dont on apprécie le travail... Bref, on souhaite juste faire partager les choses que l'on aime, apprécie, écoute et exècre...
-Avec qui tu lances ça et quel rôle tu y tiendras? A la base du projet il y a Benoît Alegre (Darkos, Grand Ben...) qui est issu du skate et de la musique, il a suivi une formation pour créer une boîte de presse, à un moment il m'a demandé de le rejoindre... On est associé pour la maison d'édition, il s'occupe du rock, du tatouage, de la communication, des événements, du business... je m'occupe du reste, le rap, l'electro, le Twitter et le Myspace, un peu Netvibes, et les revues de presse du Monde... On est 100% indépendant, on dort mal, mais on est très excité car tout est grisant dans ce projet... on a peu de moyen, mais c'est rigolo... Benoît a bossé près d'une année à préparer Maelström, il a trouvé un graphiste d'exception, un webmaster geek et un correcteur pinailleur... Benoît est officiellement directeur de la publication, je suis rédacteur en chef du magazine papier... pour le site, on est en pleine cogitation, c'est assez frais, donc on tâtonne, c'est un gros boulot, et c'est difficile à trouver un équilibre entre le papier et le Web, mais je pense que lorsque l'on aura des investissements de plusieurs milliers d'euros, on sera plus serein, plus créatifs et encore plus entreprenant !
-A quelle fréquence ça sortira ? Le magazine est bimestriel, tous les deux mois, le site chaque jour ci-possible, et le Twitter c'est chaque heure... on a aussi des projets de longue haleine, en vidéo et musique, et un système d'exposition lié au magazine, en ce moment ce sont des photographies de Loïc Benoit qui circulent, c'est passé à Lyon, ce soir Paris, ensuite Marseille, Bordeaux et Hossegor... on a trouvé beaucoup de soutien de la part de Carhartt et Vans, qui ont permis cette visibilité...
-du skate un peu-beaucoup-pas du tout ? On va essayer de traiter le skate un peu différemment que j'ai pu le faire pour SuGaR, où je voulais montrer un panel assez large de ce qui se passait... Le skate a sa place dans le magazine, d'ailleurs toute l'équipe est capable de faire des ollies, mais ce sera plus des coups de cœurs, des histoires de gens qui nous entourent, des aventures...
-Pourquoi as-tu arrêté de bosser sur Sugar ? Je ne serai jamais parti sinon. J'avais fait le tour du skate, je commençais à être un peu déconnecté de tout un tas de trucs, j'étais frustré de ne pas faire de Web, et puis on m'a demandé de partir... Je n'oublierai pas tous ceux qui m'ont soutenu, du numéro 39 au numéro 100, ça a été beaucoup de bonheur, de partage et de satisfaction... et surtout je fais une bise à Benjamin et Sébastien qui sont à la base de SuGaR... et qui m'ont laissé une place de choix...
Loic Benoit expose ce soir vendredi 12 Juin, à la Luv Galerie, 68 rue JJ Rousseau, 75001 Paris. C'est le vernissage et le lancement du magazine, à partir de 17h.
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