A :Qui es-tu ?
Alex Fernandez, 27 ans, Toulouse, dit Diablo. J’ai commencé le skate à l’âge de 14 ans, j’ai skaté 6 ans ferme et à cause du business - ça m’a saoulé - je suis parti dans un esprit un peu plus roots, à savoir dans la musique, pendant 6 ans aussi. C’était quelque chose de plus relax pour moi.
Quel business ?
J’étais sponsorisé. Il y avait des marques qui me faisaient confiance, comme la vaysetterie (V7rie), qui passait du New Deal, du World Industry, puis Zorlak et puis il y a eu quelques embrouilles de sponsors, petite chute et j’ai donc préféré garder le coté positif su skate : simplement aller rouler, je n’avais même plus envie de faire de tricks. Ce n’étais pas voulu, juste que j’ai oublié inconsciemment.
L’incursion dans la musique, c’était quoi exactement ?
C’était un peu métal, avec du psychédélique. C’était spécial. On a monté un groupe. A force de jouer, je me suis retrouvé dans la même problématique que dans le skate. On passait dans les magazines et finalement, j’ai aussi jeté la musique aux oubliettes. Au début, quand tu joues dans un garage avec tes potes, ça se passe bien et quand tu entres en studio d’enregistrement…Et puis j’ai rencontré Thibaut Fradin à Nantes il y a 4 ou 5 ans, avant la reprise, parce qu’il faisait de la musique aussi (il en fait toujours d’ailleurs) et il me dit : " Je suis champion de France en skate " " - Non, arrête, je les connais tous là-dedans !"
Comment en es-tu arrivé à travailler chez E.T. Skateshop ?
Je suis revenu un peu " dans le skate ". Comme le magasin me sponsorisait à l’époque…
Depuis combien de temps le shop est-il ouvert ?
Depuis 87 au niveau du skate. Avant, c’était un magasin de cuir, tiags et tout ça. Le skate occupait un coin du magasin. C’était underground, avec des grilles autour…J’y bosse depuis un an.
Tu as un peu une âme de doyen ou de papa du skate à Toulouse ?
Non, pas du tout. Tu vois, j’ai beaucoup plus de respect pour Matou, qui a 35 ans et qui continue à gérer, à apprendre des tricks, j’en suis même pas là encore. Du coup, il met la motiv’ parce qu’un gars qui commence à 25 ans, qui s’y met sérieusement et qui, 10 ans plus tard, arrive à faire des blunt kickflips…c’est autre chose !
Est-ce que E.T. possède un team comme la plupart des shops en ont ?
Oui et non. Ca s’est passé un peu tout seul, peut-être parce que c’est un peu la guerre des magasins à Toulouse. Je ne sais pas exactement combien il y a de shops, à peu près 3, 4, 5 mais les skaters ne s’attachent pas, ils vont et viennent. Par contre, il y a effectivement un team E.T. composé de Fabien Martin, Alexis Jauzion, JJ Rousseau, Guillaume Dauriac, Lucas Puig et moi-même. Plus un team B comme on pourrait dire, avec Clément Casteix.
Et toi, essayes-tu de fédérer un peu ou tu prends ça comme ça vient ?
Non, je n’ai pas travail de gestion, je ne suis pas coach ou manager, je les connais, c’est tout. C’est sûr que si on m’appelle pour des interviews ou du film, je sais qui appeler. Fabien Guiraud, Faboune, par exemple, c’est quelqu’un à valoriser. D’autres aussi, il y a quelques jeunes.
Comment tu qualifierais la scène toulousaine par rapport à celle d’autres villes ?
Je ne sais pas. Ca varie. La scène de maintenant n’a plus rien à voir avec la précédente, celle de Blagnac avec les Petits Pois Sauteurs, c’était un des plus grands club de France. Maintenant, on est moinsse soudé. Peut-être parce qu’il y a plus de monde parce qu’il n’y a rien à skater ici, t’es obligé de te bouger.
Une voix : c’est pas vrai…
Alex : ah bon, c’est pas vrai ?
Bon, OK il y a des trucs à skater mais par rapport à ce à quoi on a été habitué, on est en train de prendre une tarte.
Sinon, au niveau des contests, il y a eu un truc bien. Capitole avait organisé un contest en street où les sponsos n’avaient pas le droit de s’inscrire, ça faisait gagner des planches, des pompes à des gamins qui n’avaient pas les moyen d’assumer le budget. Et on y a découvert des bons, un petit parisien dont je ne me souviens plus du nom (Mikaël Dubois ?), même Alexis Jauzion l’a qualifié de furax. Des évènements à refaire, absolument.
Et il n’y a pas moyen de développer des parks ou des endroits comme par exemple à Nantes, le street park ?
C’est toujours le problème des mairies. On a changé de maire. Pourtant, il y a des assoces qui se bougent. Là, il y a une reprise du club des Petits Pois Sauteurs, qui n’a rien à voir avec avant mais ça n’avance pas vraiment parce qu’ils n’ont que la structure juridique et administrative. Ce n’est pas comme à Blagnac où il y avait le park ET ensuite le club. On arrivait à faire un truc assez monumental, il y avait toujours des skaters européens qui venaient, des américains, c’était le cœur.
C’est possible de recréer ça aujourd’hui ?
Oui, si tu as l’infrastructure. Sinon, il n’y a personne qui passe.
Qu’est ce qui fait blocage ?
Peut-être le comportement de certains skaters. Il faut voir la ville aussi : les personnes agées ne comprennent pas trop, alors que c’est quand même un sport et non un truc de délinquant. Quand tu voies le prix du matos, c’est pas vraiment un sport de rue.
En street, ça a l’air pas mal répressif cette ville…
Oui, on voit partout des panneaux " Interdit aux planches à roulettes" et puis l’amende est sévère : 1000 balles. C’est à se répartir entre les gars du groupes, ce n’est pas 1000 balles chacun. Sinon, on peut se barrer en courant ou dire qu’on n’habite pas là, qu’on a entendu l’existence du spot par bouche à oreille…
 (Matthieu Fournier)
Dans les jeunes qui montent à Toulouse ?
Lucas (Puig) bien sûr, qui est vraiment incroyable. Quand tu fais des séries de marches avec lui, tu comprends que ça va pas. Tu t’échauffes en ollie, et l’autre il a déjà passé switch ollie, flip, flip back… Et le petit Clément (…), 13 ans, qui vient d’être sponsorisé. C’est la nouvelle génération.
Dédicaces
Euh…petit bonjour à tout le monde, la familia, les toulousains, mon ex-copine (qui skate très bien)…
Merci à ET Skateshop et à Diablo.
|